Longtemps, j'ai cru que je vivais dans un monde de Bisounours. Que l'entraide et la solidarité étaient les fondements de la vie en société. Longtemps, j'ai proposé mon aide, sans rien attendre en retour, mais en pensant, c'est vrai, qu'un jour la roue tournerait et que, lorsque j'aurais besoin d'aide moi aussi, il y aurait quelqu'un pour m'épauler.
J'ai compris, avec les années, avec la naissance des enfants, que c'était une vaste fumisterie et qu'il ne fallait jamais rien attendre de personne, qu'il fallait ne penser qu'à sa gueule.
J'ai ainsi appris, tant bien que mal, à vivre en autarcie, à subvenir à mes propres besoins, à ne jamais rien demander à personne. Par contre, mon coeur d'artichaut m'a toujours empêchée d'envoyer promener quelqu'un qui a besoin d'aide : je le fais en connaissance de cause, mais au moins, j'ai la conscience tranquille et je suis en paix avec mes convictions.
Le truc que je n'avais pas prévu, c'est l'image que je renvoie aux autres : celle d'une dure à cuire, qui a toujours solution à tout, qui se débrouille, qui sait toujours faire face, qui assume.
Parfois, lors d'une discussion avec l'un ou l'autre, dans un moment de faiblesse, il m'arrive de m'épancher et dire que, quand même, j'en bave des ronds de chapeau. Ce à quoi, on me rétorque assez systématiquement que je n'ai pas à me plaindre.
Je m'ennuie dans mon boulot? Il y en a qui aimerait bien travailler, alors bon.
J'aimerais bien que mes enfants voient plus souvent leurs grands-parents? Il faut que je m'estime heureuse car, au moins, ils sont en vie, tout le monde n'a pas cette chance.
Je croule sous les tâches ménagères? Oui, mais enfin, il y en a qui bossent, quoi (moi, je tricote, n'est-ce pas Jules?)
Oui, je sais, vous avez tous raison, je n'ai pas à me plaindre de ma vie, je ne suis pas malheureuse, je suis en bonne santé, ma famille aussi, nous avons un toit pour nous abriter, nous partons en vacances, nous ne regardons pas trop à la dépense... c'est vrai, à 200%, à 1000%.
Néanmoins, il m'arrive parfois d'avoir envie juste d'un câlin, comme ça, d'un peu de réconfort ou d'un petit coup de main qui viendrait spontanément. Qu'on me dise que oui, j'en fais beaucoup et que j'ai le droit, de temps à autre, de râler un peu.
Alors voilà, comme je n'ai pas le droit in real life, je viens me plaindre ici, après tout c'est mon blog, je fais ce que je veux.
Y EN MARRE!!
Zut, quoi.

t'as bien raison, ce n'est pas parce que la plupart du temps on gère tout comme un pro qu'on n'a pas droit à des coups de mou et à des ras-le-bol.
RépondreSupprimerça fait du bien ! ;-)
RépondreSupprimermoi aussi !! mais si on me chatouille, je renvoie la balle. A une copine qui me dit que je n'ai pas à me plaindre (si j'ai le malheur de dire que je suis fatiguée)... je lui rappelle que mon mari et moi on bosse tous les deux à plein temps, j'ai pas les grands parents pour m'aider en semaine et que la sieste je ne connais pas !!! pas comme elle. ça l'a calmé.. bizarre non ?
RépondreSupprimerJe connais bien cette image de dure à cuire, qui va aussi avec celle de la Bree Van Der Desperate : Mais comment fais tu pour être aussi bien organisée ? Bah ... j'ai pas le choix sinon c'est la desesperate mierda. ET ça m'énerve au plus haut point celles qui se plaignent alors qu'elles ont de l'aide. Ca fait un moment que je lit ton blog, je suis passée par la case bilan de compétence il y a peu, je retrouve plein de choses ...bonne continuation
RépondreSupprimerEh oui, des fois on en a marre, et on chouinouille, même si on sait que d'autres auraient plus de raisons que nous de le faire. Bref, on est humaines, quoi !
RépondreSupprimerc'est tellement vrai§ Allez on se fait u p'tit câlin???
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