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lundi 23 janvier 2012

Tartuffe 2012 : juste extraordinaire

Je ne vais pas souvent au théâtre. Pourtant, j'aime bien. Mais il y a trop de  choses à voir et mon budget théâtre est souvent réduit à peau de chagrin : par crainte de tomber sur une pièce bien lourde et pénible (cela m'est déjà arrivé à plusieurs reprises), je ne prends plus très souvent le risque d'investir mes euros dans cette nourriture culturelle.

Par un concours de circonstances sur lequel je ne m'attarderai pas ici, j'ai pu assister à une représentation du Tartuffe 2012 au Centre Culturel Charlie Chaplin, à Vaulx-en-Velin. 2 heures de spectacle, une pièce de Molière donc, un classique que j'avais étudié au lycée. J'adore lire le théâtre, j'avais adoré l'étudier en cours, mais Molière sur scène, ça ne m'étais encore jamais arrivé.

Tel Jean-Pierre Bacri dans Le goût des autres, quand la pièce a commencé, j'ai lâché à Jules un "putain, c'est en vers". Eh oui, j'avais oublié, dans le Tartuffe, on a le droit aux alexandrins. Mais il y avait une ambiance sur scène qui m'a complètement électrifiée et pendant deux heures, je n'ai cessé de me concentrer sur ces vers à douze pieds, qui donnaient à la langue française une subtilité et un charme fou. Et puis, quand on se concentre sur les dialogues, on comprend d'autant mieux le texte. Et c'est ainsi que le Tartuffe de Molière m'est apparu, pour la première fois, résolument moderne.

Il faut dire que la mise en scène de Laurent Vercelletto y est pour beaucoup. Il a choisi d'inscrire la pièce au 21ème siècle, de couper le dernier acte qui, au départ, avait été rajouté pour éviter la censure et de donner une couleur multi-confessionnelle à l'ensemble. Quand Molière parlait de mariage forcé, de l'aveuglement que peut provoquer le culte d'une religion et des conséquences terribles de l'intégrisme religieux, il ne savait pas à quel point il allait trouver un écho dans notre monde actuel.

Le décor épuré met en valeur l'excellent jeu des acteurs et une mise en scène militante, engagée et pleine d'humanité.

A voir absolument (s'il reste des places!) jusqu'au 27 janvier à Vaulx-en-Velin, puis en tournée à Dijon, Rillieux-la-Pape, Corbas, Thonon-les-Bains, Port-de-Bouc...

Désolée, les Parisiens, vous n'aurez pas la chance de voir cette merveilleuse pièce!! (à moins que?... avis aux amateurs!)

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mercredi 11 janvier 2012

Petit homme devient grand (about Chacha #1)

Où est passé mon bébé? Qu'est devenu mon tout petit, mon petit dernier, celui que je berçais encore il y a peu, qui me gratifiait de "adadadadada" quand il était content? 


Chacha a aujourd'hui cinq ans et demi, est en grande section de maternelle et, depuis six mois, a fait tant de progrès que j'ai du mal à suivre le rythme. Il pourrait quand même ménager un peu sa pauvre mère!

En septembre, il a abandonné la sucette.
En octobre, il a décidé qu'il ne ferait plus de sieste.
En novembre, il a commencé à lire tout ce qui lui passait sous le nez.
En décembre, il m'a sorti une théorie sur la non-existence du père Noël (certainement sous influence de sa soeur, mais ça, au moins, c'est fait).
Et ce dimanche 8 janvier 2012, Chacha s'est enfin lancé à vélo sans les  roulettes. Finger in the nose. Négociant dangereusement des virages, mais sans tomber. Sans avoir peur. Et fier comme un coq (note pour plus tard : ne plus jamais sortir sans le casque...)

Quelle émotion pour mon petit coeur fragile de maman, tout cela! Tu vas bien trop vite, mon garçon! J'aimerais que tu prennes un peu plus ton temps, que tu me laisses savourer encore quelque temps ta petite enfance. Derrière toi, il n'y a plus personne pour prendre la relève. Paradoxalement, j'aime te voir grandir et t'accompagner dans l'apprentissage de la vie. Égoïstement, je me dis parfois que c'est aussi un peu grâce à moi, que tout ce que je fais n'est pas inutile... 

Alors continue, petit pépère, continue d'avancer dans la vie, je suis là, à côté de toi. Dans quelques mois, tu entreras au CP et je serai là pour t'aider à faire tes devoirs. Bientôt, tu commenceras à perdre tes dents de lait et je serai là pour te rassurer et te féliciter. Il en sera ainsi tout au long de ta vie, et même bien au-delà de la mienne. Je voudrais que tu ais toujours envie, comme tu le fais si bien depuis que tu es tout bébé, de me prendre dans tes bras et de me tapoter dans le dos, ce geste rituel plein de bienveillance et d'amour qui nous lie tous les deux. Par-delà les étoiles.

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lundi 9 janvier 2012

Les souvenirs de David Foenkinos

Résumé : le narrateur, apprenti romancier, prend conscience à l'occasion du décès de son grand-père de tout ce qu'il n'a pas su vivre avec lui. Il comprend que le seul moyen de garder l'amour vivant est de cultiver la mémoire des instants heureux. Dans le même temps, frappée par le deuil, sa grand-mère semble perdre la tête. Il assiste aux manœuvres des proches pour la placer en maison de retraite et vendre à son insu son appartement. Ce qu'il n'a pas su vivre avec son grand-père, il décide alors de le vivre avec elle. Il va la voir souvent, parvient à égayer sa solitude, à la faire rire de tout. Mais elle finit par apprendre que son appartement a été vendu, et fait une fugue...

Il y a quelque temps, dans ce billet-ci, je faisais une critique d'un autre roman de David Foenkinos, La délicatesse. Je pense être une des rares lectrices à avoir été déçue par ce dernier, je ne voulais  pas en rester là.

J'ai donc réservé Les souvenirs à la bibliothèque et je me suis jetée dessus. Et là, oui, je dois avouer, j'ai adoré lire David Foenkinos. La sensibilité du narrateur m'a tout simplement bouleversée, je lisais avec les larmes aux yeux (pas toujours simple!), je me laisse rarement émouvoir à ce point par un roman. L'histoire des relations inter-générationnelles m'a profondément touchée. Cette fois-ci, David Foenkinos ne m'a pas laissé sur le quai, il est parvenu à m'embarquer immédiatement et à me donner l'envie de lire ces romans précédents.
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mercredi 4 janvier 2012

Le Havre, d'Aki Kaurismäki

Autant je suis une inconditionnelle des documentaires musicaux de Mika Kaurismäki, autant je n'avais encore jamais vu aucun film du petit frère, Aki Kaurismäki.
J'ai donc pallié ce manque pendant les vacances de Noël et j'ai plongé dans l'univers de son dernier film, Le Havre.

Synopsis :
Marcel Marx, ex-écrivain et bohème renommé, s'est exilé volontairement dans la ville portuaire du Havre où son métier honorable mais non rémunérateur de cireur de chaussures lui donne le sentiment d'être plus proche du peuple en le servant. Il a fait le deuil de son ambition littéraire et mène une vie satisfaisante dans le triangle constitué par le bistrot du coin, son travail et sa femme Arletty, quand le destin met brusquement sur son chemin un enfant immigré originaire d'Afrique noire. Quand au même moment Arletty tombe gravement malade et doit s'aliter, Marcel doit à nouveau combattre le mur froid de l'indifférence humaine avec pour seules armes son optimisme inné et la solidarité têtue des habitants de son quartier. Il affronte la mécanique aveugle d'un Etat de droit occidental, représenté par l'étau de la police qui se resserre de plus en plus sur le jeune garçon refugié. Il est temps pour Marcel de cirer ses chaussures et de montrer les dents.

Je suis ressortie de la salle de cinéma souriante et perplexe à la fois. Souriante car je savais que le sujet même de ce film n'allait pas me laisser insensible : on y parle d'immigration, de sans-papiers, d'amour et de solidarité, tant de thèmes qui me sont si chers. Mais j'avoue avoir eu un peu plus de mal avec le côté désuet du film et les anachronismes permanents. Au cinéma comme ailleurs, j'aime avoir des repères, me situer dans l'espace, dans le temps. Dans Le Havre, ces références sont relativement déroutantes. Je ne doute pas que les cinéphiles aient trouvé cette technique extraordinairement géniale, personnellement je n'ai pas été emballée plus que cela. Avec en prime l'impression que le cinéma de Kaurismäki est réservé à une certaine intelligentsia, dont je ne fais pas spécialement partie. Je n'irais pas jusqu'à parler de branlette de cerveau (métaphore très parlante, à mon sens, désolée!), car les frères Kaurismäki me sont fort sympathiques. Je dirais plutôt qu'il s'agit d'une question de goût : certains apprécieront, d'autres moins. Le Havre reste un film à voir, ABSOLUMENT.
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lundi 2 janvier 2012

Ah les plaisirs gratuits, y en a plein dans la vie...

Enfin, je vais essayer d'être à nouveau plus assidue. Les fêtes de fin d'année sont derrière moi, celles qui me remuent l'estomac et me fichent un cafard monstrueux. Allez, 11 mois de répit, profitons-en!

Ma petite entreprise me prend toujours beaucoup de temps, mais j'ai envie de continuer d'écrire. Ou plutôt, j'ai un besoin vital d'écrire. Alors, comme c'est gratuit et que ça ne fait de mal à personne, pourquoi s'en priver? J'espère juste que mes lecteurs n'auront pas déserté le blog, même si j'ai été infidèle pendant quelque temps...

A très bientôt pour de nouveaux billets...

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vendredi 2 décembre 2011

J'ai testé pour vous : l'Apple Store de Lyon

© Anthony Nelzin / MacGeneration.com
Et ce n'était pas pour une visite de courtoisie, tu peux me croire. J'avais du matos à acheter pour Jules et j'avais bien regardé sur le site web ce qui m'intéressait.

Je ne suis pas une Apple addict, mais je dois avouer que j'aime bien le concept. Et puis, j'ai envoyé mon tout premier mail en 1995 sur un bon vieux Mac, forcément ça crée des liens. Ce qui ne m'empêche pas de tourner au PC depuis 15 ans. Bref. (tu as vu, je suis vieille,  oui j'ai déjà eu au moins une moitié de vie au siècle dernier... je réalise tout doucement).

Un Apple Store qui ouvre à Lyon, c'est, comment dire... ouah, on se sent privilégié, quoi. On pense forcément à tous ces pauvres provinciaux qui kiffent Apple mais qui ne peuvent pas rencontrer les disciples de Steve Jobs. Ça mérite bien une minute de silence.

Mais de silence, que nenni, la boutique est pleine d'ordinateurs, de smartphones, d'Ipod, d'Ipad, le tout en libre service et - tu ne devineras jamais - c'est noir de monde.  Au milieu des quidams, une quarantaine de conseillers en t-shirt rouge. Moyenne d'âge : 22 ans. Et la musique à fond. Des fois que tu aurais envie de demander un conseil, justement.

Il est donc 14h. Jules, quelques jours auparavant, avait déjà passé  2 bonnes heures dans le magasin pour devenir l'heureux propriétaire d'un Ipod. Mais (c'est con, hein), il y a des fonctionnalités qui ne marchent pas, donc il a besoin de se faire expliquer 2, 3 bricoles.

Conseiller n° 1 : très sympathique, au demeurant, il nous explique que son collègue a mal configuré l'Ipod et se confond en excuses. Le voilà donc parti pour 3/4h de configuration du compte je-ne-sais-quoi. Puis, nous lui expliquons que nous sommes surtout venus pour acheter un ordinateur. Et c'est reparti pour 3/4h de blabla : et l'Apple Care, et le OnetoOne, et mon cul sur la commode... Ok, c'est bon, je connais, aboule l'ordi, laisse moi te payer et qu'on en finisse. Ah, mais au fait, pour l'encaissement c'est un autre conseiller!

Switch!

Conseiller n° 2 : "félicitations!" s'écrie-t-il. Euh, c'est à moi que tu parles, là? You're talking to me? je viens juste d'acheter un ordi, mec, heureusement que mon fromager ne me félicite pas à chaque fois que je lui prends du saint-Marcellin! (tout ceci en aparté, bien évidemment, je sais à peu près me tenir en société!) S'ensuit un petit blabla d'usage, et l'Apple Care et le OnetoOne, blabla, blabla. Je peux payer? Oui? Parce que je commence à la connaitre la chanson, là. C'est bon? Ma banque est d'accord? Bon, ben, aboule l'ordi, gars!!

Cela fait 2 heures que nous sommes dans l'Apple Store, j'ai hâte de sortir, la musique à fond me scie les nerfs. Conseiller n°2 reste auprès de nous, le temps qu'arrive le matos, apporté par conseiller n°3. 

Switch!

Conseiller n°3 "Félicitations!" scande-t-il en posant le carton à nos pieds. Eh, mais les mecs, vous prenez quoi exactement pendant votre pause? Conseiller n° 3 nous propose une petite mise en route de l'ordi, pour nous simplifier la vie. Avec le conseiller n°4. 20 minutes. Je cède, pour Jules.

Switch!

Conseiller n° 4 : "félicitations!" je me décompose. Mais ce type, quand j'envoyais mon premier mail en 1995, il ne connaissait même pas encore son alphabet !  Et là, bonheur suprême, conseiller n° 4 nous parle comme à des mômes : "alors, il faut appuyer sur le bouton, là" / "alors, choisissez votre langue, français, voilà" / "nous voilà donc sur le bureau"==> je voudrais juste disparaitre. Mais je prends sur moi, je patiente, pour Jules. 

Une fois qu'il a fini de nous présenter toutes les applications hyper fun avec lesquelles tu peux faire des trucs incroyables, j'ai le malheur de lui demander où sont les logiciels de bureautique. Un traitement de texte, un tableur. De quoi faire un bon de commande, une facture, pour vendre les supers produits high-tech que je vais créer avec mon Mac. Ben, il n'y en a pas. Il faut les acheter à part. Ah bah bravo. En fait, je viens d'acheter un jouet, si je comprends bien. Je peux faire mumuse, mais travailler, c'est moins sûr. Et comme je viens de lâcher un bras, je vais en profiter pour lâcher un oeil en plus. Voilà, voilà. Alors pour la forme, je râle un peu, et n°4 me tombe sur le paletot en me baratinant sur la suite Office, et l'attaque des virus et que Apple c'est pas Microsoft, etc. Énervé, le gars. Un enfant caché de Steve Jobs, sûrement. 

Ah ça, je l'ai énervé, il n'est pas content!! Mais il nous propose quand même de suivre un petit atelier vidéo qui vient juste de commencer... Non, merci, bien vrai, au bout de 2h45 d'Apple Store, je voudrais juste rentrer chez moi, installer mon ordi, configurer tout ce qui reste à configurer et commencer à travailler. Tout simplement.

Apple Store = OVERDOSE, qu'on se le dise!




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jeudi 10 novembre 2011

Lost in socialism

Photo : Véronique Guillien/Picturetank
L'article de Télérama intitulé La guerre des gauches m'a plongée dans des questionnements intrinsèques sur mon engagement moral en politique. J'ai essayé de remonter aussi loin que possible dans mon histoire et j'ai réalisé que je suis une socialiste dans l'âme depuis plus de 25 ans. Dès l'âge de 8 ans, je me suis mise à vouer un culte à feu Mitterrand. Je me tenais au courant de la politique en regardant le Bebête show et, plus tard, les Guignols. J'ai été élevée aux émissions de télé telles 7/7 ou L'heure de  vérité comme on élève un épagneul au Frolic. Sauf que pour moi, le socialisme, c'était la gauche prolo, pas la gauche bobo. D'ailleurs, je ne connaissais pas la bobo-attitude, fille de deux parents ouvriers et immigrés de surcroit, la culture bobo n'a jamais franchi le pas de la porte de notre HLM.

Depuis 2002, quand j’évoque le parti socialiste, il me reste souvent un goût amer dans la bouche. Les dernières primaires m'ont fait prendre conscience de l'ampleur du désastre au sein de ce parti. Pour faire simple, je n'y crois plus, je vais de désillusion en désillusion. Le parti socialiste s'est boboïsé à mort et ne correspond plus à mes attentes. Et je crois, en fait, que l'affaire DSK a fini par me donner clairement la nausée.

Me voilà perdue dans les méandres de la gauche, j'observe tous les partis mais je n'arrive pas à savoir où poser mes valises. Bon, j'ai déjà éliminé l'option "un peu plus à droite", simplement inenvisageable. 
Alors quoi? Qui? Poutoux?  Arthaud? Buffet? Méluch'? Ils ne pourraient pas accorder  leurs violons et nous concocter un programme plus nuancé, entre le rouge vif et le rose pâle? Histoire de concurrencer un peu plus sérieusement François Hollande, lequel ne se sent plus pisser depuis qu'il est le candidat officiel et qui avait adopté la même gestuelle que Sarko dès le soir de sa victoire.

Je fais quoi, moi, pour 2012, hein? Je vote pour qui? C'est une véritable torture, je refuse de renoncer à mon droit de vote simplement parce qu'aucun ne me convainc. Et j'y pense dès maintenant, c'est dire si cette histoire me stresse!

Ou alors je monte mon parti. Tu votes pour moi?


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