lundi 29 avril 2013

Dans le ventre des mères, de Marin Ledun

Résumé : Janvier 2008. Une explosion anéantit un village ardéchois. Dans un décor apocalyptique, les sauveteurs exhument un charnier. Les cadavres, véritables cobayes humains, ont subi des mutations génétiques. Une femme apparaît dans les décombres : Laure Dahan, 29 ans. Ses jours sont comptés. Son obsession : sa fille qu'elle n'a jamais connus. Elle doit la mettre à l'abri avant qu'il ne soit trop tard. Pour cela, elle est prête à tout et n’hésite pas à semer la désolation sur son passage. Les meurtres se succèdent, mystérieusement reliés, au fil de l’enquête du commandant Vincent Augey. De Grenoble à Berlin, de Zagreb à la Sicile, une course-poursuite s’engage entre Laure et Vincent. Quel rapport entre elle et les cobayes humains ? Dans un monde où s’effritent les frontières entre le bien et le mal, Vincent Augey devra choisir son camp

Ma lecture : je ne sais plus ce qui m'a amenée à ce livre, certainement une critique qui m'a poussée à noter le titre dans mon carnet et à le réserver à la bibliothèque. Quand je suis allée le chercher, j'avais un peu oublié quel en était le sujet et, en lisant la quatrième de couverture, j'ai haussé les sourcils en me demandant à quoi je pouvais bien m'attendre, puisque, a priori, je ne suis pas une grande fan de science-fiction (et moi, quand on me parle de mutations génétiques, je pense SF, je suis assez basique). Toujours est-il que la lecture de ce roman m'a véritablement transportée dans un autre monde et que ce ne fut pas désagréable au demeurant. C'est, bien entendu le côté polar qui m'a séduite et le suspense tout au long des pages qui m'a bien tenue en haleine. Ou presque. Parce que l'idée du prologue qui raconte la presque fin est une mauvaise idée, en soi. Dès les premières pages, on comprend ce qui va se passer, et ça, désolée Monsieur Ledun, mais pour moi c'est carrément rédhibitoire. Ou alors, c'est parce qu'après toutes ces lectures noires, je suis devenue un fin limier (je serais tout à fait capable d'embrasser une carrière de détective privé ou d'inspecteur de police, il n'y a pas meilleure école que l’imagination des romanciers pour apprendre le métier), du coup je mets la barre assez haut en matière d'intrigue. Pour le reste, c'est du vrai bon roman comme je les aime et que je conseille vivement!

mardi 23 avril 2013

Il en faut du temps pour changer le regard sur les autres

Que c'est affligeant de voir tous ces relents de haine remonter à la surface.
Hier, c'était les femmes, les Noirs, les Juifs, les Arabes. Aujourd'hui, ce sont les homosexuels. Et demain?
Je n'envie pas la laideur de votre âme, chers manifestants contre le mariage pour tous. Qu'on ne me parle pas de manifestation pacifique qui prétend combattre "la véritable homophobie". Cessez donc de nous la faire à l'envers. Qui êtes-vous pour vous croire au-dessus des autres, avec vos arguments judéo-chrétiens, avec vos petites familles bien lisses et bien comme il faut? Est-ce là l'éducation que vous voulez donner à vos enfants, une vision étriquée de la société, réactionnaire, conservatrice? Et demain, si vos enfants vous annoncent qu'ils sont homosexuels, leur jetterez-vous des pierres? Les renierez-vous?

J'ai choisi de vivre en union libre et d'avoir des enfants hors mariage. Combien d'entre vous m'auraient jeté la première pierre si cela était arrivé il y a  quelques décennies encore? Cela me fait froid dans le dos rien que d'y penser. Et pourtant, aujourd'hui je bénéficie de ce droit. Et vous ne vous en offusquez plus, alors que c'était totalement inconcevable avant.

A moins que cette haine de la différence soit au fond de vos tripes. Ce que je comprends, quand je vous vois dans la rue, c'est que vous n'avez jamais accepté qu'on puisse penser autrement que par les petits préceptes étriqués qui régissent vos vies. Ce que je comprends, c'est qu'un patronyme juif vous fait toujours frémir, qu'un homme noir embrassant une femme blanche vous dégoûte toujours autant.

Comment ça, je mélange tout? Comment ça, je fais des amalgames? Comment ça, cela n'a rien à voir avec le mariage pour tous? C'est énervant, les amalgames, la stigmatisation, n'est-ce pas? Mais honnêtement, quand vous prétendez défendre les valeurs du mariage, n'est-ce pas parce que pour vous l'homosexualité se résume à Michel Serrault et Ugo Tognazzi dans La cage aux folles? N'est-ce pas parce que vous considérez que deux femmes qui font l'amour sont des dégénérées? N'est-ce pas, parce qu'au final, tous ces gens ne sont pas "normaux", c'est-à-dire comme vous? Personnellement, cela me fait toujours peur lorsque des personnes estiment être assez au-dessus des autres pour leur dire comment vivre, personne ne vient se mêler de vos histoires de fesses, de vos cols claudine et de vos ballerines, qui êtes-vous, nom de Dieu pour nous donner des leçons?

Que nos parlementaires votent enfin cette loi, dans le plus grand respect de la démocratie et de la Constitution comme cela a été fait jusqu'à présent.
Et que cesse enfin cette chasse aux sorcières, car c'est bien de cela qu'il s'agit.



lundi 22 avril 2013

L'amour sans le faire, de Serge Joncour

Résumé : On ne refait pas sa vie, c'est juste l'ancienne sur laquelle on insiste », pense Franck en arrivant aux Bertranges, chez ses parents qu'il n'a pas vus depuis dix ans. Louise est là, pour passer quelques jours de vacances avec son fils dont elle a confié la garde aux parents de Franck. Le temps a passé, la ferme familiale a vieilli, mais ces retrouvailles inattendues vont bouleverser le cours des choses. Franck et Louise sont deux êtres abîmés par la vie, ils se parlent peu mais semblent se comprendre. Dans le silence de cet été chaud et ensoleillé, autour de cet enfant de cinq ans, «insister » finit par ressembler, tout simplement, à la vie réinventée.



Ma lecture : difficile pour moi de rester insensible à la lecture de ce roman, compte tenu du peu de relations que j'entretiens avec mes parents. Il y avait quelque chose de tellement sensible dans l'écriture de Serge Joncour que je ne pouvais m'empêcher de me projeter dans la tête de Franck et d'avoir le cœur serré. J'ai lu ce roman comme si c'était mon histoire personnelle. Ici, c'est un enfant de cinq ans qui va faire le lien et redonner vie à un lieu et une famille en deuil. J'aurais aimé que mon histoire finisse ainsi, mais c'est le contraire qui s'est passé. Une lecture plein de douceur et des sentiments tout en retenue, on ne tombe pas dans le mélo, mais on aime cette table en bois qui se retrouve tout à coup dehors et qui symbolise bien ce besoin de passer de tourner la page, de réinventer de nouveaux codes, une nouvelle vie.

mercredi 17 avril 2013

Maman, tu joues avec moi?

Cette question fait partie de mon quotidien depuis presque 9 ans, disons depuis que Lolotte a été en âge  d'aligner trois phrases à peu près cohérentes. Et quand je l'entends, j'ai envie de rentrer dans un trou de souris. Et je n'en suis pas spécialement fière, hein.

Quand ils étaient encore bébés, je prenais du plaisir à agiter une peluche pour les faire éclater de rire, à faire des grimaces et à imiter le lapin qui gambade des les champs. Puis est arrivé l'âge des jeux d'imitation et là, j'ai cru décéder d'ennui chaque fois que j'étais invitée à prendre le thé avec Gros Nounours, Monsieur Clown et Barbie. Je vous rassure, je suis une mère indigne, certes, mais j'ai pris sur moi.  J'en ai passé des heures   : 

  •  à  attendre que Chacha encastre des formes dans un cube  tout en poussant des hurlements de colère parce que lui, pour le coup, avait un degré de patience proche de zéro,
  •  à l'encourager façon mère juive pour lui prouver qu'il n'était pas le dernier des idiots,
  •  à applaudir des deux mains, des deux pieds et en dansant lorsqu'il parvenait à faire rentrer le rond dans le rond - wow, amazing!
  • à  prendre une voix stupide de Petit Poney qui n'arrive pas à s'envoler parce qu'il lui manque une aile (le poney ailé, c'est pourtant connu, non?)
  • à siroter de l'eau chaude dans une tasse de 3cm de diamètre et ce quinze fois de suite, pendant l'heure du bain ("encore un petit café, maman?" "non, ça va merci" " mais si, allez, je te ressers" => fail)
  • à lécher des glaces en plastique en poussant de grands soupirs de délectation.

Non, il n'y a pas à dire, j'ai donné de ma personne. J'ai morflé.

Et j'ai béni le jour où Chacha a été en âge de jouer avec sa grande soeur, j'allais ENFIN avoir la paix. Je n'avais pas pris en compte le fait que la dinette en porcelaine pouvait aller se fracasser contre le mur, ou que Lolotte prévoyait d'apprendre à son frère à jouer aux échecs vers 5 ans, l'âge où tu as quand même plus de chance de te prendre une tour dans la gueule plutôt que de roquer. 

Ni le fait qu'ils étaient aussi mauvais perdants, tricheurs et de mauvaise foi l'un que l'autre. Et qu'ils meurent d'envie de jouer quand même avec moi, ou avec leur papa, ou encore mieux, une partie à 4, le pied. Souvent, comme par hasard, j'ai autre chose à faire, plier le linge, payer les factures, faire une petite vaisselle, "mais jouez, tous les deux, jouez!".

Et parfois, je cède à leur complainte "mais maman, tu joues jamais avec nous!!"  qui, je dois l'avouer, me fend quand même sincèrement le cœur. Bon, par contre, je fais simple,  : bataille corse, Uno, Yams, Monopoly et Bonne Paye. C'est tout et c'est déjà assez stressant comme ça. Parce qu'il y en aura toujours un pour jouer deux cartes en même temps, oublier que c'est mon tour, balancer les dés de l'autre côté de la pièce avec des "oups". Et le pire, le pire : le plateau qui bouge sans cesse, les billets d'argent qui sont toujours en bordel, le coude de Chacha qui renverse le paquet de cartes Transactions, j'en passe et des meilleures. 

Non, je n'aime pas jouer avec mes enfants et je ne serai ni la première ni la dernière!

Crédit photo : we heart it



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