mardi 16 novembre 2010

Chaos calme de Sandro Veronesi

En temps ordinaire, je lis un peu ce qui me tombe sous la main, les livres que l'on me prête, que l'on m'offre, la sélection de la bibliothèque... Sauf pendant les vacances, seul moment où j'aime prendre le temps d'acheter de nouveaux romans. Saisir le livre objet entre mes mains, le caresser, le sentir. Lire la 4ème de couverture, le reposer sur l'étagère. Continuer ce petit manège pendant un long moment, flânant dans la librairie, butinant deci-delà dans un de mes lieux préférés qui a le don de m'apaiser, tout simplement. Enfin, faire mon petit marché, dilemme intense car si cela ne tenait qu'à moi, je crois que je pourrais emménager dans une librairie jusqu'à la fin de mes jours!

Ce livre-là, je ne l'ai pas acheté par hasard. Je me souviens, c'était au mois d'août, dans une charmante librairie provençale. 

Une semaine auparavant, j'avais passé une journée avec l'ami d'un ami, qui avait perdu sa femme dans un tragique accident, le laissant seul pour élever ses deux filles. Nous nous étions déjà rencontrés, avec son épouse justement. J'avais eu beaucoup de mal à le revoir après cette tragédie, je n'avais pas su trouver les mots ou adopter le comportement adéquat dans ce genre de situation. Ainsi, si je pouvais comprendre sa douleur, je ne parvenais pas à la mesurer et, étant confrontée pour la première fois à ce genre de situation, j'ai eu de longs moments de réflexion sur la mort et la souffrance de ceux qui restent.

Lire Chaos calme a été pour moi une façon de trouver des réponses à mes nombreux questionnements. Peut-être aussi un peu me faire déculpabiliser de ne pas avoir réagi "comme il faut". Ou encore pousser un peu plus loin et parler de voyeurisme : dis-moi comment tu souffres, où ça fait mal, je veux tout savoir pour mieux pouvoir l'affronter. Je ne sais pas vraiment.Toutefois, Sandro Veronesi sait appréhender la souffrance de son protagoniste et nous la présenter en toute simplicité, avec beaucoup de pudeur.

A lire vivement!

3 commentaires:

  1. hum ! ça me donne envie... je retiens. Trouvé les mots dans ce type de situation n'est pas chose facile. Mais depuis que je suis passée de l'autre côté je peux dire que j'apprécie les gens qui me bousculent, qui osent me poser des questions sur la douleur. J'ai l'impression d'exister, pour eux, pour moi. bonne journée !

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  2. JE ne sais pas si c'est le genre de bouquin que je peux lire, sensible comme je suis.
    Pour ton ami d'ami, je ne sais pas comment j'aurais réagi non plus. C'est si dfifficile dans ces cas là!

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