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lundi 28 février 2011

Comment j'ai traversé l'Europe toute seule à même pas 14 ans (part 4 et fin)

Me voilà partie pour 30 heures d'autocar, arrivée prévue le lendemain à 17h. Étrangement, je garde peu de souvenirs du voyage en lui-même. Des escales dans différentes villes, du monde qui monte, un autocar plein à craquer. A fortiori, je me retrouve avec une voisine, nous bavardons un peu. Cela n'intrigue personne de voir une adolescente de 14 ans voyager seule. Personne ne pose de questions.

A midi, puis le soir, il y a une halte pour le repas. Tout le monde a prévu son pique-nique. Ma maman aussi, mais elle n'avait pas vu assez large, j'avais de quoi manger pour deux repas, je n'avais pas de glacière et en plein été, tout a rapidement daubé. Bizarre, d'habitude elle est très prévoyante sur ce point. J'ai un peu d'argent en poche, des francs et des devises, mais j'ai peur de manquer, alors je n'achète rien.

Je ne sais pas non plus comment j'ai réussi à passer la frontière. Je n'ai attiré l'attention de personne. Mon passeport a bien été consulté par les douaniers, mais aucune question, encore une fois. En fait, cela m'arrangeait, je ne voulais pas qu'on me remarque, je voulais juste arriver à bon port.

Finalement, je n'ai pas eu de vrais soucis pendant ce voyage et je n'étais pas vraiment inquiète, encore moins consciente du danger potentiel qui pouvait m'entourer. Sauf peut-être au petit matin, le lendemain. Quand, sur l'aire d'autoroute, pendant une pause pipi, j'ai craqué et je me suis payé un petit café au lait pour le petit-déjeuner (que j'ai dû demander dans une langue étrangère, j'avais déjà quitté la France). Dans la fraîcheur matinale, après une mauvaise nuit à dormir assise dans mon fauteuil, je savoure ma boisson chaude et je m'attarde un peu au comptoir. En sortant du café, je vois mon autocar passer devant moi : je me retrouve à faire de grands mouvements de bras pour que le chauffeur me voie et daigne s'arrêter. Il me passe un savon parce que je suis en retard! Je regagne ma place honteuse et surtout le coeur battant : on a failli m'oublier sur une aire d'autoroute à l'étranger, je voudrais bien ma maman...

La fin du voyage approche, on annonce la ville où je dois descendre. Je me prépare, je reste debout devant la porte pendant au moins une heure : j'ai trop peur de m'endormir et de rater mon arrêt! Heureusement, ma tante sera à la gare routière pour m'accueillir, je pourrai me blottir dans son giron et la laisser me coller deux gros baisers joyeux sur les joues.

Sauf que... sauf qu'il est à peine 12h, l'autocar arrive à la gare routière et ma tante ne viendra pas avant 17h, comme nous en avions convenu. Je descends les marches et mes compagnons de voyage retrouvent leurs familles, ça s'embrasse dans tous les sens, ça rit à gorge déployée et ça s'en va bras dessus bras dessous. Pourquoi tout le monde est au rendez-vous sauf ma famille à moi? Pourquoi nous a t-on dit 17h au lieu de midi?

La gare se vide peu à peu, je me retrouve seule. C'est dimanche, c'est l'heure du déjeuner, c'est la canicule, il n'y a pas foule. Je m'assieds sur un banc, je réfléchis. Alors que j'ai tout affronté avec beaucoup de maturité, je me retrouve comme une petite fille qu'on a oubliée. J'ai les larmes aux yeux, je suis arrivée, j'y suis arrivée, et pourtant je suis encore seule au bout du chemin.

J'étudie le champ des possibles : rouiller à la gare routière jusqu'à 17h, ce qui me laisse 5 heures pour ruminer ma solitude. Ou prendre mon courage à deux mains (encore une fois) , traverser la grande avenue à  4 voies où les voitures ne cessent de circuler à toute vitesse, et aller passer un coup de téléphone dans le café en face.  Je vérifie que j'ai bien le numéro  et un peu de monnaie. Je n'ai pas beaucoup d'argent, je me prends à prier pour que le prix d'une communication n'ait pas trop augmenté depuis l'année précédente.

Je pousse la porte du café, celui-ci est désert. Le patron me regarde, la mine patibulaire. Il n'a rien de rassurant, mais en même temps, il me semble que c'est bien le premier à se demander ce que je fous là, toute seule. Avec un accent à couper au couteau (et pourtant, je suis bilingue), je lui demande si je peux téléphoner. Il est méfiant, il doit penser que je n'ai pas d'argent, et puis je dois avoir une mine de déterrée. Mais il me pointe le combiné avec son menton.

A cette époque, il n'y avait que deux téléphones dans tout le village, ma tante n'avait pas de ligne directe. Il fallait que je téléphone au café du village, que je demande qu'on aille la chercher, que j'attende une dizaine de minutes, puis que je rappelle pour pouvoir enfin lui parler. A l'heure du téléphone portable, cela semble complètement absurde et pourtant, c'était bien comme cela que ça fonctionnait.

A partir de maintenant (sic!), il fallait que j'aie de la chance : que le café du village soit ouvert, que quelqu'un d'aimable aille chercher ma tante, qu'elle soit à la maison et non pas à la plage comme je le craignais. Tout n'était qu'un concours de circonstances.

Je crois que ma bonne étoile a dû finir par avoir pitié de cette adolescente de 14 ans qui zonait à 2000km de la maison. Ma bonne étoile a attrapé ma tante au vol tandis qu'elle partait à un repas dominical en famille et lui a dit que je l'attendais. Et elle est arrivée, une heure après.

Voilà comment j'ai traversé l'Europe toute seule, à même pas 14 ans. Il aurait pu m'arriver plein de choses, et personne ne s'est étonné de ma présence, à aucun moment. J'en garde une certaine fierté, mais aussi le sentiment d'avoir grandi un peu trop vite à mon goût. Cet été-là a vraiment marqué une rupture avec l'enfance, mais aussi avec mes parents et a, sans aucun doute, conditionné ma vie d'adulte.  J'ai longtemps attendu que quelqu'un me raconte la même histoire pour que je puisse enfin accepter que ce type de voyage est "normal" pour une jeune fille de 14 ans. Peut-être mon récit va-t-il recueillir quelques témoignages dans ce sens, pour que je me sente moins seule.

J'espère que le voyage t'a plu, il a remué pas mal de choses en moi! Merci pour le divan!
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dimanche 27 février 2011

Comment j'ai traversé l'Europe toute seule à même pas 14 ans (part 3)


Sur le parking de la gare routière, je regarde, hébétée, la multitude de bledards prêts à voyager avec moi : des valises dans tous les sens, des glacières, des objets incongrus, l'effervescence du moment remplit tout le monde d'excitation à l'idée d'entreprendre ce grand voyage. Je ne quitte plus ma copine ni sa grand-mère d'une semelle, je suis trop contente de les avoir retrouvées.

Tout à coup, un des chauffeurs d'autocar élève la voix et rappelle aux retardataires que l'autocar de gauche dessert les bleds du nord et l'autocar de droite les bleds du sud... Ma copine-voisine en France n'est pas du tout ma voisine de bled, je comprends très rapidement que nous n'allons pas voyager dans le même autocar.

A ce moment précis, étrangement, j'ai moins envie de le faire, ce voyage. Je n'avais pas du tout envisagé les choses comme cela. Je n'ai pas spécialement peur, non, c'est surtout que c'est nettement moins drôle sans ma copine.

Il reste une pauvre minute avant le départ, mon père s'empare de ma valise et la glisse dans la soute à bagage de l'autocar. Aujourd'hui encore, je me demande ce qui a pu lui traverser l'esprit (l'évocation de cette anecdote lors d'un repas de famille 20 ans après a révélé que mon père avait une mémoire sélective, pour lui j'étais partie avec ma copine, point barre).

J'ai essayé de me mettre dans sa peau pour comprendre : il avait dépensé une somme importante pour ce billet d'autocar, peut-être ne voulait-il pas perdre son argent, peut-être ne voulait-il pas que je sois déçue, peut-être avait-il rêvé trop longtemps d'avoir la paix pendant mon absence. Ma mère, quant à elle, s'est toujours effacée devant les décisions de mon père, mais je pense qu'elle ne devait pas en mener large.

Notre retard au rendez-vous ne leur a pas laissé le loisir de réfléchir trop longtemps : ils auraient pu rentrer à la maison avec moi, j'aurais continué à rouiller en bas de  mon HLM  et je serais partie au bled en voiture avec eux quelques semaines plus tard. 

Mais visiblement, ce n'était pas ma destinée : je suis montée dans l'autocar, je ne connaissais personne. J'ai cherché une place au fond, près de la fenêtre, j'étais seule. Je ne voulais pas de compagnie, je ne voulais pas de voisin avec qui discuter. J'avais 14 ans moins trois semaines, j'étais une adolescente mal dans sa peau, et je m'apprêtais à traverser l'Europe toute seule pour la première fois. Je crois que je trouvais cela normal, puisque mes parents le cautionnaient, à cet âge-là, on a encore besoin de s'en remettre à ses parents. Néanmoins, je me rappelle encore aujourd'hui quand mon estomac s'est noué et ma gorge resserrée tandis que l'autocar démarrait et que je disais au revoir  en souriant à mes parents par la fenêtre : "je vous appelle en arrivant! à bientôt!"


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samedi 26 février 2011

Comment j'ai traversé l'Europe toute seule à même pas 14 ans (part 2)

Commençons par le commencement. A la base (j'ai évolué depuis, thanks God), je suis une fille de bledard. Tu sais ce que c'est, un bledard? Ca ressemble à peu près à ça : 

nan, j'déconne!




 Un bledard, c'est juste un type qui, un jour, a quitté son pays pour venir travailler en France et qui, tous les ans, à la même date, retourne au bled pour tuer un peu la nostalgie et retrouver ses racines. Tu peux lui proposer 15 jours de vacances sur une plage à Honolulu avec des femmes à poil, il s'en fout, lui ce qu'il veut, c'est rentrer "chez lui", pendant un mois, chaque été. 

Donc, en bonne fille de bledard que je suis, j'ai traversé l'Europe chaque été en voiture avec mes parents, sur des trajets qui duraient de 24 à 48h (mais si, c'est possible, regarde autour de toi, tu connais forcément un bledard dans ton entourage!!) pour aller retrouver le Paradis sur terre (mouarf) : ZE BLED.

Toutefois, l'été de mes 14 ans, l'envie de prendre le large pendant les deux mois de vacances me titillait grave, la perspective de retrouver une tante nettement plus cool que ma mère et une cousine avec qui faire les 400 coups me branchait bien plus que l'idée de rouiller en bas de mon HLM (ah putain, c'qu'il est blême...) par 37°C.

Il se trouve que ma copine-voisine, 14 ans elle aussi, partait au bled dès la fin du mois de juin, accompagnée de sa grand-mère. Je suis donc arrivée à convaincre mon père de me laisser faire le trajet avec elles (la grand-mère était d'accord) en autocar. 30 heures d'autocar. J'étais motivée.

Ma copine et moi étions ravies : elle avait de la compagnie pendant tout le trajet et moi, je me faisais enfin la malle un été entier. Quelques jours avant le grand départ, on échafaude des plans, on se met d'accord, l'autocar part à 11h, on dit à nos parents de se retrouver à 9h30, on fait le trajet jusqu'à la gare routière (40 km) ensemble.

Le jour J, un samedi! Premier samedi des grands départs en vacances de l'été! Je suis sur le parking avec ma valise, mes parents, il est 9h30, on attend ma copine. Qui ne vient pas. 9h45, toujours personne. 9h55, je propose d'aller sonner à la porte, personne ne répond. 10h05, mon père, furieux, en arrive à la conclusion qu'ils sont partis sans nous. 

"Saletés de gamines qui échafaudent des plans entre elles sans rien nous dire, de toute façon, j'ai jamais aimé son père, il n'en fait qu'à sa tête, blablabla, blablabla".... Furax, le pater. Et dans ces moments-là, il ne faut pas lui en compter. L'autocar part dans 55 minutes, on ne va pas lui la faire. Il ne sera jamais dit, ô grand jamais, que Monsieur Et sinonrien père va rater un autocar à cause de Monsieur Voisin qui ne pense qu'à sa gueule! Non, madame!

Et nous voilà partis sur l'autoroute des vacances (c'était vraiment mon jour de chance), à slalomer entre les Belges, "une fois", les Allemands "achtung bicyclette!", les Hollandais prêts à se mettre à poil au bord d'une rivière ardéchoise, le tout tranquille à 170km/h (la voiture, toute neuve, était en rodage...). Je n'avais jamais vu mon père dans cet état. C'était une question d'honneur. A 10h52, il arrêtait la voiture sur le parking de la gare routière après un freinage digne de Starsky et Hutch. Quel homme. (depuis ce jour, j'arrive toujours 3/4h à l'avance quand je dois prendre un quelconque transport en commun...)

Nous sortons en courant de la voiture, nous rejoignons vite l'autocar, ma copine est là, avec sa grand-mère, j'oublie tout mon stress. Il est 10h57.
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vendredi 25 février 2011

Comment j'ai traversé l'Europe toute seule à même pas 14 ans (part 1)

Ceci est une histoire vraie. A ma connaissance, je l'ai racontée à deux personnes seulement. Pourquoi ce besoin, aujourd'hui, de la mettre par écrit?

Si tu me connais un peu, tu sais que j'aime bien décortiquer mes névroses sur la place publique : cela me permet de vider mon sac, de partager mes petites souffrances et, quand j'ai du feedback (merci chers lectrices et lecteurs pour tous vos commentaires qui me réjouissent!), de pouvoir prendre un peu de recul ou de me dire que je ne suis pas toute seule. Là, présentement, je crois que j'aimerais bien qu'on me dise que je ne suis pas toute seule. Tu comprendras plus tard.

Cette histoire, je la trouve presque irréelle. Je me positionne en tant que maman d'une jeune demoiselle qui s'avance doucement mais sans aucun doute vers une adolescence bien affirmée et je ne cesse de retourner la question suivante dans tous les sens : 

mais comment, pour quelle obscure raison, mes parents à  MOI ont pu accepter que je fasse 2000 km à travers l'Europe, toute seule ou presque (j'y viendrai) , à 14 ans moins trois semaines, à l'époque où il fallait encore avoir des devises dans sa poche et où le téléphone portable était aussi gros qu'une machine à laver et même pas encore commercialisé en France?

Le pire, dans cette histoire, c'est qu'à l'époque, je n'étais pas outrée du tout. Un peu stressée par le voyage, il est vrai, mais moi, n'importe quel voyage me rend anxieuse, du moment qu'il y a des horaires à respecter (là, telle que tu m'imagines  en train de pianoter ces quelques lignes sur mon clavier, je suis exactement en train de me dire que, finalement, mon stress des horaires est peut-être bien lié à cette histoire que je m'en vais te conter- en plusieurs fois, car je dois rassembler quelques souvenirs - au fond, ce n'est peut-être pas si inutile que ça de poser des mots par écrit, même en public!)

Ça te va, comme teaser? Tu es prêt(e) à me suivre? En tout cas, moi, je n'ai plus le choix, maintenant que j'ai commencé à déballer, il faut que j'aille jusqu'au bout!!


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jeudi 24 février 2011

Cuisine, synchro et sens du rythme...


Lulu and the Lampshades



Je sais bien que cette vidéo a déjà fait le tour de FB depuis un bon moment. Il n'empêche, depuis que je l'ai vue, je RÊVE de faire la même chose. Mais j'ai besoin d'une partenaire, à bon entendeur, je fournis les gobelets et la cuisine. Et puis je voudrais la voix de la brune, si possible. Avis à un bon coach vocal...

Terribles, ces nanas!
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mardi 22 février 2011

Bilan de compétences #3 : premier entretien

Enfin, on passe aux choses sérieuses, et c'est peu de le dire. Ce premier entretien a pour but principal de faire connaissance. Ma conseillère a besoin de comprendre pourquoi je suis là et ce que j'attends d'elle. 

Nous faisons un tour de mon parcours professionnel, elle essaye de comprendre ce qui a pu me bloquer par moments.

En fonction de mes diplômes, elle me lance parfois des propositions de métier, me demande si je pourrais les exercer. Je suis un peu perdue car je ne comprends pas où elle veut en venir : comment pourrais-je envisager un métier où un Bac+5 est nécessaire alors que je n'ai que Bac+2, et qui plus est, dans un secteur sinistré? Je suis sceptique.

Nous évoquons ensuite mes prétentions salariales et là, j'avoue, je tombe de haut. Non seulement il semblerait que je sois déjà plutôt pas mal payée (admettons, mais j'habite une grande ville et la collègue qui a le même statut que moi et qui habite dans la Creuse a le même salaire, c'est normal, ça?), comme en plus je suis beaucoup trop exigeante au niveau de ma rémunération.

Exiger 2000 euros net avec un BAC+4 ou BAC+5 et 10 ans d'expérience semble illusoire. Ah bon. dans ce cas, je peux aussi bien aller élever des chèvres dans la Drôme. Ou faire plein d'enfants et vivre des allocations familiales. Je préfère ne pas m'arrêter à cela, si je dis que je peux le faire, c'est que je peux le faire (méthode Coué).

Je repars un peu désabusée et avec trois tonnes de devoirs : faire un test sur mes intérêts, établir mon parcours de vie, déterminer mes motivations, décrire mes trois dernières expériences professionnelles, rédiger une réalisation.

Au boulot!
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mardi 15 février 2011

Oedipe, sors du corps de mon fils!

Oedipe et le sphinx de Ingres 1808
Ca y est, on est en plein dedans! Je ne peux pas dire que je ne suis pas flattée, non, ce serait mentir. 

Enfin quelqu'un sur terre qui trouve que je suis la plus belle!
La plus gentille!
Celle qui sent bon, tout le temps! (même quand je pue la clope! Ouais! C'est ça, l'amour!!)
Enfin quelqu'un qui dort avec mon t-shirt pas lavé depuis 3 semaines, qui le renifle dans tous les sens en se délectant!

Enfin, un mec qui me fait de vrais déclarations d'amour, avec des étoiles plein les yeux!
Enfin, un mec qui veut m'épouser! Parce que le Jules, il ne veut pas, lui! (ça tombe bien, moi non plus). Mais une demande en mariage, c'est pas rien, quand même!

JE SUIS! Je vis! J'existe! Je suis le centre du monde! L'objet de toutes les attentions! Putain, ce que ça fait du bien!!!!

Bon, je sais, ça ne peut pas durer... L'infidélité pointe d'ailleurs déjà son nez. Deux amoureuses dans la classe, il les voit presque plus souvent que moi, je ne peux pas, je ne veux pas lutter. 

Incroyables sentiments qui lient une mère à son fils... Je pourrais me damner pour ma fille tant je l'aime aussi, mais c'est tellement différent. Est-ce parce que c'est un petit garçon? Ou parce que c'est le dernier né? J'avoue être parfois troublée par son regard charmeur qui sait me conquérir d'un battement de cils. C'est indécent, ce pouvoir de séduction. Vraiment. 

Du vent, Oedipe, mon coeur est déjà pris.

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vendredi 11 février 2011

83 annonces chrono : vide-grenier virtuel

(ou comment s'occuper les dimanches pluvieux)

La semaine dernière, j'ai déposé 83 annonces en ligne x 2 sites différents, pour vendre des bricoles que j'entasse depuis un moment.

C'est fou le nombre de merdouilles qu'un être humain est capable d'accumuler quand même.

Certes, j'ai laissé traîner longtemps, dans l'espoir d'avoir le courage, un dimanche, de me lever à 5 heures du matin pour aller me geler les miches dans une rue ventée, de déballer une partie de ma vie sur le trottoir pendant un vide-grenier, d'attendre le chaland un café à la main, en fumant cigarette sur cigarette, jambon beurre / chips / bière à midi, tout ça pour repartir le soir avec quasiment le même chargement, éventuellement 5 euros en poche et un sac plein de merdouilles (appelons un chat un chat) glanées par mes enfants au stand à côté. Non, bien vrai, je ferai sans.

Alors j'ai opté pour le vide-grenier virtuel, au moins je suis en chaussettes dans mon salon, les cheveux gras, MAIS ça ne gêne personne. 

Attention, toutefois, pas de méprise : la vente d'occasion sur internet est une activité hautement chronophage. On ne dirait pas à première vue, on sort son bazar, on se dit, c'est bon, j'en ai pour une heure. Que nenni.

D'abord, tu commences par la séance shooting :  tu prends tout en photo, sous toutes les coutures, histoire de trouver l'image la plus attrayante pour vendre ton bien.

Ensuite tu vas faire un tour sur les autres annonces pour comparer les prix, histoire de ne pas passer pour une buse.

Puis, tu rédiges ton annonce, il faut trouver les mots justes pour attirer le client. Je pense qu'au bout de la 40ème annonce, j'aurais pu vanter les mérites d'un balai à chiottes avec beaucoup d'emphase. Si, si. Tu valides toutes tes petites annonces, tu mets des mots de passe, et là, tu te dis que c'est fini!!

Erreur! Il faut ensuite pouvoir affronter la salve de mails qui t'arrive, avec son lot de conneries habituelles auxquelles il faut quand même répondre, et poliment, s'il te plaît. Conclure la vente, peser ton bien pour évaluer les frais de port, emballer le tout et le porter dignement à la Poste.

A J+5, je me demande si c'est bien rentable, cette affaire. Je vais peut-être finir par tout amener au secours populaire, si ça continue. Oh, j'ai bien conclu 3 ventes et j'ai gagné 15 euros, et puis je dois avouer que cela me plaît bien de jouer à la marchande et de mettre un peu de beurre dans les épinards. J'ai même découvert que je possédais, dans ma bibliothèque, un bouquin collector que je m'apprêtais à dealer à 3 euros et qui en vaut 20 fois le prix. J'attends mon acheteur avec impatience... A côté de ça, je vends de beaux vêtements pour enfants à des prix tout doux, et personne n'en veut...

Allez, encore un peu de patience, et je verrai bien si j'aurai envie de renouveler l'expérience!
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mercredi 2 février 2011

Bilan de compétences #2 : profil professionnel

Tu n'as peut-être pas tout suivi, sache que je m'apprête à faire un bilan de compétences et que j'ai décidé de partager mon expérience sur la toile. Premier épisode ici.

Sans entrer dans les détails de ma vie privée, voici, en quelques lignes, mon profil professionnel et les raisons qui m'ont amenée à faire la demande d'un bilan auprès de mon employeur.

J'ai terminé mes études il y a 10 ans, j'ai suivi 5 cursus universitaires différents et j'en ai validé trois par des diplômes. Tu l'auras compris, je suis une warrior des études, j'ai toujours suivi deux cursus en même temps. Ce n'est pas compliqué, il y a 10 ans, je connaissais mon métier idéal : ÉTUDIANTE A VIE, malheureusement ce n'était pas réaliste et fort mal rémunéré.

(Si tu as une opinion bien tranchée sur les études universitaires et leur manque de débouchés, sache que je partage ton avis, mais vois-tu, il y a 10 ans j'étais jeune et pleine d'espoir et je ne pouvais imaginer que le monde du travail allait devenir un merdier pareil).

Me voici donc, à 24 ans, propulsée dans le monde du travail, sans un kopeck en poche, sans aucune aide financière (pas de RMI pour les moins de 25 ans). Deux mois de chômage et j'ai une proposition de travail, un CDD de 6 mois, dans un tout autre domaine que ceux correspondant à mes études. J'ai besoin d'argent, j'accepte. C'est une expérience comme une autre.

Ce jour-là, sans le savoir, je me suis engagée pour dix ans dans l'administration publique. Pas vraiment ma tasse de thé, mais j'étais persuadée qu'un jour ou l'autre, je pourrais rebondir et mettre à profit mes diplômes. J'ai passé des concours et je suis devenue fonctionnaire. Catégorie B. Payée niveau BAC. Avec un BAC+2, un autre BAC+3 et encore un autre BAC+4. De l'avis général, j'ai du travail, il faut que je m'estime heureuse. Dont acte.

Au début, j'ai pris mon mal en patience. J'étais jeune maman, je travaillais à côté de la maison, j'avais surtout dans l'idée de m'assurer un salaire régulier et de me faciliter un maximum la vie avec mes enfants en bas âge. De ce côté-là, j'ai réussi. En parallèle, j'étais toujours à l'affût : j'ai postulé à plein d'offres, j'ai passé des concours de catégorie A. En vain. Souvent admissible, jamais admise. La loose.

Au bout de 10 ans d'expérience, j'ai un peu fait le tour de la question : si j'ai beaucoup appris à mes débuts dans l'administration publique, je suis arrivée à un moment où je stagne. Je n'apprends plus rien et mes compétences ne servent à rien : je tape des courriers que je mets sous pli, je fais des tableaux Excel parce que je suis la reine du publipostage. Youpi. Difficile de conserver une veille intellectuelle dans ce contexte!

Voilà pourquoi j'ai décidé de bousculer un peu la hiérarchie et d'aller frapper à toutes les portes pour obtenir le financement d'un bilan de compétences. J'ai des diplômes et une expériences professionnelle. Comment faire pour mettre en adéquation les deux? Suis-je vraiment faite pour l'administration? Pour la fonction publique? Est-ce que je peux changer de voie professionnelle? Comment faire avec les contraintes propres à mon statut? 

Il y a tant de métiers que j'aimerais exercer ! Pour lequel suis-je vraiment faite? Comment faire, dans le contexte actuel pour gagner un salaire correct qui correspond réellement à ses compétences?

De l'avis général (bis), je suis exigeante. C'est fort possible. Mais je tente le coup, tant que j'en ai encore le courage.

Prochain épisode : premier entretien!
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