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mardi 29 juin 2010

Un homme ordinaire

Cette histoire, c'est LUI qui me l'a racontée. Pas directement, d'ailleurs, c'est Jules qui lui a posé la question : "et comment vous êtes arrivé en France?"

Là, tout naturellement, IL s'est mis à parler de choses qui m'étaient totalement inconnues jusqu'alors. Non pas que je ne m'y sois pas intéressée, mais il y a toujours eu cette pudeur entre nous qui entrave les mots.

Cependant, pour assouvir la curiosité de Jules, et certainement aussi pour le remercier de son intérêt, IL a raconté. 

Cette oppression politique permanente qui plombait toute envie d'avoir des projets et de vivre en liberté.
Ce désir naturel de fonder une famille, de donner toutes les chances possibles à ses enfants d'avoir une vie meilleure que la sienne.
L'appel du large se concrétisant par une proposition de contrat de travail à 2000 km de son village natal, qu'IL avait déjà quitté pendant 2 ans pour aller faire la guerre en Afrique.
Les 48h passées dans un train pour changer de pays, la boule au ventre certainement à l'idée de débarquer dans un pays si lointain, dont IL ne parlait même pas la langue.
L'arrivée dans cette ville froide et pluvieuse où IL a pu retrouver son frère, seul lien qu'il lui restait avec ses racines.
La difficulté de communiquer avec les autochtones, méfiants, peu avenants.
Ses premiers pas dans le monde du travail en terre étrangère, l'incompréhension avec le patron, l'engueulade, la fuite quelques semaines plus tard.
L'errance : non, ça, IL ne l'a pas raconté, mais je l'ai deviné dans son regard : combien de temps a-t-IL dormi sous les ponts?
L'arrivée dans une nouvelle ville, la recherche d'un logement, les portes qu'on lui claque au nez.
Comment IL a trouvé un nouveau travail et accepté, en plein hiver, de dormir dans une cabane de chantier, sans chauffage, avec juste de l'eau froide pour faire sa toilette.
La recherche d'un logement, à nouveau, et le sésame magique qui lui ouvre enfin les portes : "JE PAIE D'AVANCE", prononcé avec un fort accent étranger qui ne laissait aucun doute sur sa différence.

Et puis, enfin. ENFIN. La stabilité. Un CDI. Une jeune fiancée qui l'attendait au pays et qui le rejoint, anxieuse de ne pas revoir son bien aimé. Mais LUI n'avait qu'une parole : "je pars chercher du travail, une maison, puis je reviendrai te chercher". Elle lui a fait confiance et elle a eu raison. Un premier enfant, un deuxième enfant. Et la vie devient enfin un long fleuve tranquille pour cet homme qui a traversé tant d'épreuves pour en arriver là.

Sans jamais oublier d'où IL vient. Sans jamais manquer de respect à qui que ce soit. Acceptant de se fondre dans la masse, du moment qu'on ne lui demande pas de renoncer à sa dignité et... à son identité. 

Têtu comme une mule, excessivement orgueilleux, pudique et distant. Mais il a quand même réussi à réaliser son rêve : que ses enfants grandissent dans un pays libre et humaniste, qu'ils s'imprègnent des notions de respect et de dignité.

Mon père, cet immigré.

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lundi 28 juin 2010

Une toute petite chose...

Avec le temps, les années passant, je me rends de plus en plus compte que les gens ont une fausse image de moi. Et c'est bien frustrant, tiens. Croire que je suis celle que je ne suis pas et inversement, fichtre, ça finit par me perturber.
Mais ce n'est pas toujours facile d'en parler, de dire "ouh la la, détrompe-toi, je ne suis pas du tout comme ça!" parce que, d'une, les gens ne t'en parlent pas forcément, et de deux, ben ils ne te croient pas (sont cons, les gens, parfois).

Prendre conscience de cette fausse image que je véhicule a été le plus douloureux pour moi. Les réflexions des uns, l'avis de Jules, les regards des autres m'ont fait comprendre tout cela. 

Et il y en a des clichés à mon sujet! Froide, distante, orgueilleuse, trop sûre d'elle. Et surtout, SURTOUT : forte et courageuse. Les gens de mon entourage croient que je suis capable de traverser n'importe quelle tempête et de m'en remettre en 30 secondes. Du coup, certains en profite pour se reposer à 200% sur moi, car de toute façon, j'assure en permanence.

Eh bien non!! Je ne suis ni forte, ni courageuse. Je suis une petite chose qui doute en permanence, qui se cherche, qui a besoin d'amour, d'amis, de chaleur humaine et de respect. Car, ce que les gens ne savent pas, c'est que mes blessures sont béantes et se referment rarement. Que la moindre contrariété, la moindre injustice, le moindre manque de respect dans mon entourage me met immédiatement le coeur à l'envers. Il m'a fallu un bon mois pour me remettre de la distribution des primes de fin d'année dans ma boîte, où ceux qui gagnent le moins n'ont rien eu, non RIEN. Quand ma copine perd son procès contre son ex pour la garde de sa fille, alors que c'est un connard fini. Quand Jules me balance des vacheries qui devraient me passer par-dessus la tête depuis le temps qu'on se connaît, mais non.

Ma vie est un crève-coeur permanent. Et  pour survivre, il me faut nécessairement une carapace (qui se fissure trop souvent) et un peu de toupet, pour avancer. Mais sous la carapace, il y a un coeur qui bat à 200 à l'heure. Après 33 années à faire "semblant", j'ai décidé de m'ouvrir aux autres et de montrer celle que je suis réellement. En douceur, en commençant ici. En espérant qu'avec le temps, j'arriverai à le crier un peu plus haut et un peu plus fort.
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mardi 15 juin 2010

Du temps ou de l'argent? (sondage inside)

Hep, hep, hep!! Tu vas bien t'arrêter deux secondes pour répondre à mon sondage, dis? Je m'engage, sur l'honneur, à dresser une étude sociologique (hum, hum) à la fin, si j'ai assez de réponses.

Mais pourquoi ce sondage, d'abord? Eh bien, figure-toi que je suis une Madame qui cogite beaucoup (et le mot est faible). Femme professionnellement active, compagne et mère dévouée (si, si, je t'assure), j'ai l'impression de passer ma vie à courir après le temps... 

Et parfois, je me dis que si j'avais plus d'argent, ça me simplifierait la vie, vois-tu? Plus d'argent pour payer une baby-sitter qui pourrait emmener Lolotte à ses activités extra-scolaires pendant que je m'occupe de Chacha, ou pour me payer 15 jours de vacances en Toscane sans avoir des sueurs froides...

Mais, quand je mets en adéquation les termes "temps" et "argent", je me demande s'ils ne sont pas incompatibles. Car, si je veux plus d'argent, il faut que je travaille plus, et donc que j'ai moins de temps! Ca, c'est du dilemme, nan?

Bref, ton avis sur la question m'intéresse, alors, si tu le veux bien, ce serait sympa de répondre à cette cruelle question... TADAM!


SI TU AVAIS LE CHOIX, PRÉFÈRERAIS-TU : 

A. Avoir plus de temps et moins d'argent, pour pouvoir profiter de la vie, de ta famille, de tes amis, de tes enfants, quitte à faire des choix de vie peu dispendieux (ce qui veut dire aussi, par exemple, de passer tes vacances en camping avec les Bidochon et les Groseille parce que c'est tout ce que tu peux t'offrir...)

B. Avoir plus d'argent et moins de temps, pour pouvoir te payer des plaisirs un peu plus superficiels mais qui font parfois du bien au moral, quitte à bosser comme un canut (lyonnaiserie, messieurs -dames, à vos dicos!), à ne jamais voir tes enfants, à laisser tes parents agoniser en maison de retraite (c'est trash, je sais, c'est fait exprès).

C. Rien à secouer, j'ai du temps ET de l'argent

D. Rien à secouer, je n'ai pas de temps NI d'argent

E. La réponse E


Pour des résultats plus précis, tu peux aussi me dire : 
- si tu es un homme ou une femme (ou les 2)
- ta tranche d'âge : 18-30 ans, 31-50 ans, 51 et plus
- ta situation professionnelle : en activité, au chômage, au foyer, à la retraite, en HP
- ta situation personnelle : célibataire, en couple, désoeuvré(e), suicidaire, célibattante
- si tu as des enfants (ou s'il y en a un en route, compte-le, il faut savoir se projeter dans l'avenir!!)

Pour un maximum de résultats, tu peux aussi : 

- twitter ce billet
- facebooker ce billet
- faire suivre à tes proches, tes amis, tes ennemis, ta belle-mère, ton patron
- passer à ton voisin


Je compte sur toi, il y va de notre avenir à tous!

(en vrai, j'ai parié que j'allais exploser mon rapport Google Analytics, mais chut, ça reste entre nous).

Nan, mais en vrai, je suis sérieuse, hein! Merci pour ta contribution!
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Sales gosses

Bande de chiards!

Sapajous à l'huile!

Bande d'Ostrogoths des cavernes!

Filochards des cours d'école!

Je vous ai portés pendant 9 mois chacun, mes cornichons, à souffrir le martyr avec les remontées acides, à ne plus pouvoir marcher tant mes jambes ressemblaient à des poteaux, à aller pisser toutes les 2 minutes!

Puis je vous ai mis au monde, mes agneaux! Non pas dans d'atroces souffrances, mais j'ai eu le temps d'en voir passer des étoiles devant mes yeux avant que vous n'arriviez!

Puis je vous ai nourris, bercés, changés, à n'en plus dormir la nuit, à péter des durites, à en pleurer de désespoir tellement c'était dur certains soirs!

Sans parler du tour de hanche qui s'est développé tout seul, de la peau d'orange qui n'existait pas avant, de mes pieds qui chaussent maintenant une pointure de plus! De cette nouvelle frilosité à laquelle je ne m'habitue décidément pas! De mon hyper-sensibilité au manque de lumière!

J'ai morflé, mes paupiettes, ça ne se voit pas, mais je vous le dis! Imprimez, mes cocos!

Et quoi? Quoi? Qu'ouïs-je? Qu'entends-je?
Des jérémiades à n'en plus finir, des gamins jamais contents!
Des bêtises à me ficher la honte sur cinq générations, mais c'est jamais de votre faute, "c'est la faute à mon cerveau!"
Des phrases à la Dolto qui doit applaudir dans sa tombe, tiens!
"j'ai jamais le droit de rien faire!"
"nous, les enfants, on a aussi des droits!"
"ma vie est trop nulle, j'en ai marre!"
Des sourires du soir à la Tom Cruise George Clooney pour se faire pardonner!
De petits battements de cil pour mieux faire passer la pilule!
Des arguments si cartésiens qu'on vous donnerait presque le prix Nobel de la filouterie!

Il y a des jours, je vous passerais volontiers à la moulinette.
Je vous ligoterais volontiers à une fusée du 14 juillet (et faites gaffe, ça approche!)
J'irais bien vous brader dans un vide-grenier.
Il y a des jours où j'ai envie de vous mettre dans le prochain vol pour Honolulu, aller simple si possible.
Ou de vous ramener au S.A.V de la maternité.

Mais vous le savez déjà, tout ça, n'est-ce pas? Je le dis tout le temps haut et fort!

Vous avez de la chance que je vous aime, bande de prunelle de mes yeux!
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vendredi 11 juin 2010

Plonge et replonge

Pourquoi, mais pourquoi?? Chaque fois que j'arrive à sortir la tête de l'eau, il y a quelqu'un pour appuyer dessus et me renvoyer au fond direct...

Je me demande bien ce que j'ai pu faire pour mériter tout cela? Sans compter cet immense sentiment de culpabilité qui me laisse croire, encore une fois, que je n'ai pas été à la hauteur.

Il paraît que la roue tourne, il paraît qu'on a tous droit au bonheur. Il paraît qu'il faut se battre aussi pour y arriver, ne pas baisser les bras.

Je suis passée en mode warrior depuis six mois et je ne vois pas le bout du tunnel, il y a toujours un moment où je croise un obstacle sur ma route. Avant, j'avais la force de le dépasser, ou de le contourner. Maintenant, je n'ai qu'une envie, m'arrêter, tout laisser en plan, abandonner la partie.

Je sais, tout ça c'est du vrac et c'est un peu obscur. Mais ça me fait du bien de l'écrire... Demain sera certainement un autre jour, c'est ce que je me dis tous les matins...

Je suis lasse...
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jeudi 10 juin 2010

C'est de rigueur, ma bonne dame!

Bon, d'habitude je ne commente pas spécialement l'actualité, mais là, j'en reste comme deux ronds de flan et je vous le dis tout de go : on nous prend pour des cons!! (des fois que cela ait échappé à quelqu'un...)

Christine Boutin a annoncé ce soir qu'elle renonçait à son salaire (9500 euros mensuels) pour sa mission sur la mondialisation et qu'elle allait l'effectuer "à titre gracieux". Mais dites-moi, ma chère Christine, tout travail mérite salaire, vous savez, comment peut-on renoncer à un revenu si ce n'est par mauvaise conscience? Mauvaise conscience parce que c'est un salaire revu à la hausse qui ne le méritait pas vraiment? Ou parce que la mission n'en est peut-être pas vraiment une?

Toi, lecteur (oui, il y en a, je ne désespère pas!), toi lectrice, mets-toi 2 secondes à la place de Christine Boutin. Imagine qu'on te propose THE mission avec un tel salaire. Si tu as une conscience professionnelle, tu vas peser les tenants et les aboutissants de la mission, les mettre en adéquation avec le salaire proposé et de deux choses l'une : soit tu te dis que c'est un bon plan pour alimenter le PEL de tes enfants, la bonne gâche aux frais de la princesse et tu acceptes le job (oh, eh, je vous vois venir, osez dire que vous n'accepteriez pas, bande de menteurs!), soit le salaire est en adéquation avec la mission, et tu acceptes également, n'est-ce pas?

Donc, si un maudit canard vient un jour mettre son nez dans tes affaires et t'accuse de te sucrer sur le dos des Français qui tirent la langue à chaque fin de mois, si tu n'as rien à te reprocher, tu vas te défendre, argumenter, justifier et en aucun cas renoncer à ton salaire. Donc, on nous prend pour des cons. CQFD.

Tu sais pourquoi ça me met en colère ces histoires de gros sous? 

Parce qu'on nous fait chier (passe-moi l'expression, mais elle est adaptée) depuis des mois avec cette fucking crise.

Parce que toi, pour pouvoir payer des cours de violon à ton gamin, tu vas peut-être renoncer à la couronne en céramique proposée par Monsieur le Dentiste parce que, OUI, tu es à 1200 euros près (dingue, non? qui l'eut cru?)

Parce que, tous les soirs, quand tu rentres du boulot et que tu veux garer ta petite voiture (dans laquelle tu as généreusement trimballé 3 collègues parce que tu es un éco-citoyen), tu tournes pendant une heure dans le quartier pour trouver une place, malgré ta petite vignette "résident" que tu payes consciencieusement tous les mois.

Parce qu'il y a des matins où les gamins traînent pour aller à l'école, et que ça tombe pile poil le jour où tu dois renouveler ta vignette résident et que tu fais tout en courant jusqu'à arriver en sueur à ta voiture, brandissant ta nouvelle vignette pour le mois à venir, et que tu découvres un joli papillon de 11 euros délicatement signé par l'aubergine de service, qui sait très bien qui tu es, qui sait très bien que tu payes consciencieusement tous les mois, mais qui est aussi une connasse sans pitié. Eh oui, mais tu sais, il est 9h05, et le stationnement gratuit, c'est jusqu'à 9h. Comment ça, il y avait la queue à l'horodateur? Mais bien sûr! Sans pitié, je vous dis.

Parce que tu montes dans ta voiture en fulminant de rage, que tu écoutes France Info pour savoir si tu vas passer à travers les bouchons et que là, on t'annonce que la contravention à 11 euros va passer à 20 euros. No comment.

Et puis tu sais quoi? Grâce à Christine Boutin, tu vas bientôt devoir renoncer à ton salaire pour travailler gracieusement, parce que tu sais, il y a des pauvres gens qui ont des salaires bien plus bas que le tien et il faut que tu les entendes... Comment ça tu as un vrai travail, toi? Ah, mais elle aussi, faut pas croire ce que disent les journaux, hein!

Voilà, j'ai craché mon fiel, et que dire d'autre? Lecteur, lectrice, il ne te reste plus qu'à serrer les fesses et à la fermer, le monsieur te dit qu'il fait tout ça pour ton bien! Pour ton avenir! Pour augmenter ton pouvoir d'achat!

Ah si, une dernière chose : en 1789, il y en a qui se sont révoltés pour moins que ça... et tu sais quoi? ils ont obtenu ce qu'ils voulaient! Ça ne s'est pas fait en un jour, certes, mais quand même! Dingue, non? Dans l'Histoire de France, il y a eu des Français qui ont osé dire tout haut ce qu'ils pensaient tout bas, quitte à se retrouver en deux morceaux à coups de guillotine...Sommes-nous vraiment dignes de nos ancêtres?
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