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jeudi 27 mai 2010

Le syndrome Dr. House

En bonne has been de la télévision que je suis, j'ai découvert la série Dr. House il y a assez peu de temps. Je connaissais le personnage, mais je ne m'étais jamais posée devant un épisode. 

Depuis quelques semaines, Gregory House est devenu mon compagnon de repassage. Il est marrant, ce type, j'aime bien son côté politiquement incorrect. Et puis, j'aime bien le principe du scénario qui tourne souvent autour d'un seul patient. A chaque épisode, je découvre des pathologies improbables, des symptômes inconnus au bataillon, bref, je me marre bien. C'est vrai, quoi, arriver à découvrir un glaucome en analysant l'équation fond de l'oeil/ vomi / glaire dans les selles/ panaris/ blanchissement impromptu des cheveux, le tout en entrant par effraction chez le patient pour découvrir dans son frigo une chantilly avariée et des bonbons Stoptou dans le placard, moi je dis respect.

Moi, la nature m'a dotée d'une bonne santé et je ne suis pas particulièrement hypocondriaque, alors le second degré dans Dr House égaye bien mes mardis soir. Et puis, j'aurais bien aimé être médecin, alors bon, je deviens docteur par procuration le temps de quelques épisodes.

Sauf que, sauf que... depuis quelques jours, il m'arrive des trucs bizarres et je me dis que Gregory, avec son efficacité légendaire, arriverait bien à trouver ce que j'ai. Oh je sais, je ferais mieux d'aller voir mon généraliste, mais je sais déjà ce qu'il va me dire : c'est la fatigue, c'est mon traitement, c'est passager. Pas envie de perdre mon temps, alors je fais sans.

Et pendant ce temps, j'essaye d'analyser tous ces petits symptômes qui sont bien curieux et perturbants à la fois. En fait, j'ai un problème de langage. Je sais déjà depuis longtemps que, lorsque je suis fatiguée, il peut m'arriver d'échanger les lettres dans un mot : par exemple, prononcer sadale au lieu de salade. rien de dramatique et je finis toujours par rire de ma maladresse orale. Oui, mais là, je n'échange pas des lettres, j'échange des MOTS. Et là, ça devient autrement plus compliqué.

 Par exemple, il y a quelques jours, j'ai voulu dire à mon fils : "mets tes chaussures". A la place, j'ai dit "mets ton pyjama". Je revois encore le sourcil moqueur de mon Chacha qui, du haut de ses bientôt 4 ans, a dû me prendre pour une foldingue. Mais j'ai détendu l'atmosphère en rigolant un bon coup, ah, ah, cette bonne blague, mais non, mon Chacha, tu ne vas pas sortir en pyjama! Ouf, l'honneur fut sauf.

Sauf quelques jours plus tard, quand j'ai voulu dire à Lolotte de ne pas oublier son cahier de texte. Je me cite, dans le texte : "Lolotte, n'oublie pas ton cahier de liaison, non ton livre, non ta trousse, non..." Et vous savez quoi? Je n'ai pas réussi à finir ma phrase, j'ai fini par un "oh, t'as bien compris, hein".

Tout ça pour dire que cela me fait de moins en moins rire, que je vois les années passer, mes cheveux blancs s'accumuler et que je me pose de sérieuses questions sur ma santé. Je me demande aussi pourquoi tous les médecins que je rencontre prennent cela à la légère, sous prétexte que je n'ai que 33 ans. Et tout ça, ça finit par me rendre hypocondriaque. Et j'aimerais bien que le Dr House vienne un peu me rassurer. Vraiment.
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mardi 11 mai 2010

Un amore di pasta

A la fin du siècle dernier, un vendredi après-midi, vers 17h, je me retrouvai en train de grimper les escaliers qui me menaient à l'appartement de Jules. Depuis quelques semaines déjà, Jules avait mis un peu de pagaille dans mon cœur. Cet après-midi là, il m'avait téléphoné pour me proposer de nous rendre ensemble à une soirée et donc de le rejoindre chez lui un petit peu avant. 

C'était la première fois que je franchissais le seuil de sa porte. Avant d'entrer dans l'appartement, je glissai rapidement un œil sur la plaque dorée qui ornait sa porte, car si le prénom de Jules hantait mes nuits, j'ignorais encore son nom de famille. Je constatai, avec étonnement - va savoir pourquoi, je ne m'y attendais pas - la consonance méridionale de son patronyme. Ce détail provoqua en moi de brefs mais profonds questionnements  sur la généalogie de ce jeune homme qui ne me laissait pas indifférente, et que j'imaginai aussitôt descendre de la lignée de Léonard de Vinci, tout en envisageant la possibilité d'un lien familial avec Lætitia Casta.

La soirée fut fort sympathique mais néanmoins dépourvue de toutes agapes et ce fut donc fort affamés que nous retournâmes dans le nid de mon héros au regard bleu azur et au sourire ravageur. Bien que grand gastronome, Jules vivait alors comme un vieux célibataire et les placards de sa cuisine, ce soir-là, n'étaient pas très garnis. Cependant, il me prépara un plat de pâtes en me promettant que j'allais me régaler car il savait les cuisiner comme personne et que la génétique et la tradition orale n'y étaient pas pour rien (Léonard de Vinci, donc, j'espère que tu as suivi). Et, je dois l'avouer, je fus absolument épatée par la simplicité et la finesse de son plat qui éveilla en moi, une fois repue, des émotions et des sensations que je tairai par pudeur (rideau).

Une décennie et deux enfants plus tard, Jules est toujours le cuisinier attitré de notre petite famille. Il a en lui cette incroyable propension (dont je suis partiellement dépourvue) à aimer faire plaisir à son prochain en mariant les aliments avec amour, justesse et respect de la nature. Il sait, plus que quiconque, rendre heureuse toute une tablée avec une simple vinaigrette ou une épice un peu originale. Les enfants et moi lui vouons un culte absolu en matière de cuisine, et nous avons chacun un penchant pour un plat en particulier.

Toutefois, il est un plat qui remporte l'unanimité chaque fois : la pasta. Curieusement, c'est le repas que nous préparons le plus à la hâte, quand nous avons peu de temps ou moins envie de cuisiner. Mais toujours avec la certitude que nous serons quatre à table à nous régaler comme si nous étions chez Bocuse. 

Envie d'une soirée en amoureux ? farfalle au beurre, gruyère, ketchup (oui!! sacrilège!!) et les enfants heureux et repus sont couchés avant l'heure.

Envie de se réchauffer lors d'une froide journée d'hiver? Tagliatelle à la carbonara, toujours vite fait MAIS bien fait.

Besoin d'écouler quelques vieilles tomates? Spaghetti à la bolognaise, sauce maison.

Envie d'originalité? Quelques  dés de jambon et de camembert et le tour est joué.

Un truc à fêter? Jules ramène un gros bouquet de basilic du marché, je cours acheter du parmesan, et nous l'observons  préparer le pesto, l'eau à la bouche.

La pasta est devenue le plat qui soigne les maladies, qui rassasie l'estomac, qui réchauffe les cœurs et qui nous réconcilie autour d'une table. Notre ciment familial.

Ceci est ma contribution au "pasta concours!" proposé par Flou.

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jeudi 6 mai 2010

De battre mon coeur

ne veut pas s'arrêter... Ce matin, je suis encore en vie. Hier, comme tous les soirs, je me suis couchée en espérant ne plus jamais me réveiller. En pensant que  mon cœur pourrait peut-être l'emporter sur ma raison et me délivrer de toutes ces souffrances. Mais non, ce ne sera pas encore pour aujourd'hui. Il va falloir patienter. Vivre encore une journée entière, belle ou pas, à traîner ce poids sur la poitrine et ne pas savoir comment s'en défaire. Profiter encore du soleil, des effluves matinales du jardin. Peut-être écrire une lettre d'adieu. Ma vie est comme cette page blanche, vierge, dénuée de sens. Certaines souffrances sont indicibles. Ou alors, ma vie commence peut-être maintenant, il me faut simplement trouver les mots justes, les aligner sur cette feuille, pour guérir mes blessures. Le goût âpre du café me rappelle à la réalité. Finalement, ce sera une belle journée.

Ceci est ma participation au 4ème jeu d'écriture du blog à mille mains , initié par MadameKevin et Lizly.
(Crédit photo : Thé citron)
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